JEAN THEVENOT

par Gérard KREMER

HISTOIRE DES CHASSEURS DE SONS

__________________

L'écriture, la parole, l'image... toute une vie Jean THEVENOT n'est plus ! Il nous a quittés trop tôt, victime d'une crise cardiaque, trop jeune, il venait tout juste de fêter ses 67 ans. Il avait passé son temps à rencontrer les autres, à les faire parler.

Aujourd'hui, c'est lui-même qui va se raconter, nous parler de sa vie, de son œuvre ; ceci, à partir de ses interviews, de ses émissions et de ses écrits.

Né le 11 juillet 1916, à Givors (Rhône), il est entré dans le journalisme (articles pour un quotidien de Troyes) en même temps qu'en classe de philosophie. A 17 ans, envoyé à Lille pour y faire les HEC et maintenir les traditions familiales, il s'inscrit, sans prévenir personne, à la Faculté de Droit et à l'Ecole des Sciences Sociales et Politiques. Il allait bientôt se féliciter de sa clairvoyance Licencié en Droit et Docteur ès sciences Sociales et Politiques avec une thèse sur le complexe Radio-Cinéma&emdash;Télévision, il entre à la radio d'Etat, en 1939, comme Rédacteur Principal à Paris-Mondial. Sa longue carrière radiophonique commençait!

Août 1944, l'insurrection de Paris, la libération de la radio. Au studio d'essais, autour de Jean GUIGNEBERT, de Pierre SCHAEFFER, nous étions une petite équipe à libérer la radio, les Allemands étant encore là et ne nous ayant jamais repérés. Moi, j'avais le titre de secrétaire général de l'organisme qui n'aura jamais eu un aussi beau nom : Radiodiffusion de la Nation française. Je m'occupais des programmes et on passait les disques que l'on voulait entre des communiqués, des appels aux armes, etc... Alors j'ai souvent passé des disques qui me plaisaient mais en tenant compte évidemment d'une petite malice sur laquelle nous nous étions mis d'accord, à savoir qu'on programmait avant tout des compositions israélites, américaines et russes.

En 1946, pressenti pour être Directeur du Service des Variétés de la Radiodiffusion française, Jean THEVENOT préféra reprendre sa liberté de producteur. Il prit aussi la plume

J'ai publié en librairie plusieurs ouvrages, notamment "l'âge de la télévision et l'avenir de la radio".

Cet ouvrage qui reprend et développe sa thèse de doctorat, est un essai visionnaire, rejoignant la littérature d'anticipation et le roman psychologique. La prospective étonnamment juste de Jean THEVENOT, à plus de 30 années de distance, se vérifie point à point aujourd'hui.

Je vous étonnerai donc probablement, si je vous affirme que ma grande ambition est… d'écrire… je veux dire, d'écrire des romans. J'ai des sujets, des documents. Je manque simplement des loisirs indispensables. Certes, je crois à l'audiovisuel, c'est ma vocation, mon métier ! Mais je crois aussi à l'écriture, au livre imprimé. Rien, jamais ne les remplacera. Ceci ne tuera pas cela. Les deux formes d'expression peuvent et doivent coexister. Et la radio, la télévision, sont là justement, pour susciter l'intérêt, la curiosité à l'égard de l'écriture.

Sa vie en témoigne. Pour ce qui est du domaine des ondes, ses initiatives furent nombreuses.

Un exemple les chasseurs de son. En 1948, il eut l'idée de consacrer une rubrique à des enregistrements d'amateurs sous le titre "On grave à domicile", qui deviendra, en 1950, en collaboration avec Pierre BRIVE, l'émission "Aux quatre vents", puis aujourd'hui "Chasseurs de son (reprise en partie dans l'émission SONOGRAPHIES, puis RESONANCES).

C'est parti d'une manière tout à fait imprévue et imprévisible. Le 9 février 1948 sur ce qu'on appelait alors la chaîne parisienne, Pierre BRIVE avait organisé une journée du disque. Il se trouve qu'à cette époque je connaissais un certain nombre de personnes qui enregistraient pour leur plaisir sur disque souple. Parmi ces pionniers, je connaissais un vieux monsieur qui avait été amené à enregistrer, en 1937, une discussion conjugale à la demande du mari pour que ce soit produit en justice et qu'il obtienne le divorce au détriment de sa femme et que, de la sorte, il ait la garde de leur petite fille. La justice a refusé le document sonore comme preuve et quelques années après ce monsieur a reçu un faire-part ; la mère avait tué sa fille et s'était suicidée. Cette histoire m'a toujours frappé et je me suis dit si le disque en question avait été accepté en justice comme preuve, peut être que cette enfant et sa mère seraient aujourd'hui vivantes. Sans aller au-devant d'une censure et ayant le sens de mes responsabilités, avant de procéder à cette diffusion, j'ai demandé l'autorisation et l'on m'a donné le feu vert ! La première émission a donc été faite à partir de quelques disques souples de gens que je connaissais mais ça me paraissait injuste de ne m'en tenir qu'à eux et nous avons, sur les chaînes de l'époque, lancé un appel. Au bout de 48 heures il y avait tellement de propositions qu'on a dû stopper l'appel. Maintenant j'en suis à quelques 3.000 émissions ! Au cours des années, j'ai essayé de les orienter au bon sens du terme, c'est-à-dire d'éviter qu'elles ne-- visent simplement à doubler les professionnels &emdash; ça ne sert à rien - mais à apporter quelque chose de plus... Des concours ont été créés. Le premier, en 1952, a révélé un jeune étudiant de l'Ecole Polytechnique de Lausanne ayant construit en amateur un petit appareil d'enregistrement autonome. Cet amateur c'était Stefan KUDELSKI et l'appareil Le Nagra. La même année j'ai reçu une lettre d'une Religieuse de Gand, en Belgique. Elle accompagnait une petite bobine de fil d'acier - en ce temps-là on enregistrait sur fil et ce n'était pas très bon - qui relatait le voyage d'un de ses cousins qui venait de faire une traversée du Sahara à moto. Et puis, elle ajoutait qu'elle pouvait également me fournir une autre petite bobine d'un frère de ce cousin qui s'amusait à ses moments de loisirs à écrire des chansons. Le nom de ce petit cousin Jacques BREL.

Jean THEVENOT a étendu le mouvement de la chasse sonore en France, puis en Suisse et dans de nombreux pays d'Europe. Lui-même est devenu chasseur de son en suivant l'évolution de l'expression orale de l'une de ses filles.

Chaque année, à peu près à la môme époque, je lui faisais lire le passage suivant d'un livre, je dis bien le suivant, non pas la môme chose. Mon idée, ayant fait ces enregistrements annuels et les ayant collés bout à bout, c'était de voir comment sa capacité de lecture, sa voix et sa personnalité évoluaient.

Un autre exemple, un disque intitulé "Un soir à Athènes" avec le trio ATTIKO. Athènes, en plein été. Le soir vers 22 heures, sur une terrasse située au pied de l'Acropole, trois chanteurs musiciens devaient proprement m'envoûter. J'avais avec moi mon Nagra. Tout de suite j'ai pensé à un disque, au plaisir que le public français pourrait prendre à l'écoute de ce répertoire et de ces interprètes. Alors, je leur ai demandé de venir à mon hôtel. Nous avons envahi et occupé le bar, fermé toutes les issues, supplié la clientèle d'être silencieuse, fait arrêter la climatisation, j'en transpire encore ! Le trio ATTIKO a joué et chanté longuement et le disque est né.

Jean THEVENOT, était un précurseur. Le 31 décembre 1949, à minuit, il organisa un multiplex en direct entre Paris, le Sahara, un bateau en mer et le Pic du Midi, sauf erreur le premier de ce genre. Il fut aussi, dès 1945, l'un des pionniers de la télévision française et en tant que producteur-auteur - présentateur réalisa seul ou en collaboration des centaines d'émissions télévisées. En 1950, il animera "Rois de la nuit", émission consacrée aux réalisateurs de films. Critique cinématographique à l'Ecran français, auteur d'un court&emdash; métrage "Les petits mystères de Paris" et des livres "Cinéma d'exploration, cinéma au long cours" et "Cinéma, un œil ouvert sur le monde" (ouvrage collectif), il sera, en 1951, membre du jury au Festival de Cannes présidé par André MAUROIS. Deux ans après, toujours à Cannes, il interviewera Jean COCTEAU pendant la projection du film britannique tiré de son œuvre "Les parents terribles" qu'il était en train de découvrir. Cinéma et Télévision l'accaparaient, il était d'ailleurs Vice-Président de la Société des Ecrivains de Cinéma et de Télévision, mais il trouva encore le temps d'animer sur Radio Luxembourg et Radio Monte-Carlo une émission qui devint célèbre et eut une suite à la Télévision " L'heure du Mystère ".

Comme l'indiquait son titre (d'ailleurs beaucoup trop tapageur à mon gré) " l'Heure du Mystère " avait pour domaine exclusif l'extraordinaire, l'inexpliqué ou prétendu tel. Un immense domaine qui s'étend des secrets de la mécanique humaine aux mirages du spiritisme et de la magie. Il a suffi des premiers programmes pour qu'aussitôt se manifestent en nombre dépassant toutes nos prévisions, les spécialistes du mystère. En même temps qu'elle m'introduisait dans les chapelles et les citadelles de l'occultisme, l'Heure du Mystère, par le courrier surtout, m'a fourni sur le public de la radio des données comme bien peu d'émissions doivent en procurer.

Toujours assoiffé de nouvelles connaissances, Jean THEVENOT aimait écouter les autres. En 1953, d'une série d'émissions télévisées intitulées "Trois Objets, une vie" naquit un livre, "Premiers aveux", sorte de "Radioscopie" d'hommes tels que Max-Pol FOUCHET, Alexandre BREFFORT, Jean NOHAIN... La vie, la mort, Jean THEVENOT l'avait frôlée en 1954.

J'obtins du Ministre de la Marine une plongée en bathyscaphe. J'avais fait déjà des reportages sur les premiers essais de plongée, mais, cette fois, j'ai failli n'en pas revenir, ça a été le seul accident du bathyscaphe français, le FWRS 3, à 2.000 mètres.

Activités diverses et variées, Jean THEVENOT les pratiquaient toutes avec talent. En 1955, il anima sur Europe 1 un nouveau jeu de Jacques FLORAN "A la folie". Il consistait à deviner à travers la personnalité d'une vedette ses goûts et ses aversions, sa "mythologie" personnelle, ses préférences en matière de musique. Parmi ses invités, Françoise SAGAN, Martine CAROL... Mais ce qui le passionne avant tout, ce sont les innovations. En 1950, il réalise pour la chaîne parisienne puis pour la Radio Suisse Romande, sous le titre de "C'était pour rire", une série d'enregistrement à micro caché (première expérience de micro-vérité), qui connut un très vif succès. Cependant, le son seul ne rendait compte que d'une faible partie de la réalité ainsi captée et fixée à l'état naturel. En 1957, Jean L'HOTE et Charles PROST réalisent deux films tournés avec une caméra cachée, qui furent aussi très applaudis. Mais l'image initialement muette, n'était pas complète non plus. L'image avait besoin du son et le son avait besoin de l'image. Jean THEVENOT, Jean L'HOTE et Charles PROST étaient faits pour mettre en commun leur expérience et tenter ensemble la périlleuse aventure du cinéma sonore indiscret. Ils furent les précurseurs de la caméra invisible ! Cette même année, Jean THEVENOT publie un second ouvrage sur la télévision intitulé "T.V." en collaboration avec Jean QUEVAL. Il va alors produire, animer ou participer à de multiples émissions télévisées en France ("Secrets des Chefs d'Oeuvre", "En direct de notre passé - 25ème anniversaire de la Télévision française"...) en Suisse et en Belgique. Jean THEVENOT était un humaniste. L'une de ses aspirations profondes révéler les hommes les uns aux autres, servir de truchement, d'intermédiaire. Aspiration de sociologue qui se concrétisa à la télévision française, en 1961, par l'émission concours "Le Grand Voyage". Il offrait aux meilleurs des participants l'aventure de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique.

Pour moi, la Télévision est d'une part un moyen qui permet de faire participer des hommes et des femmes, qui sont chez eux, dans leur maison, à une réalité extérieure qu'ils ne pourraient pas voir, entendre et connaître autrement ; c'est d'autre part, un contact qu'aucun autre moyen ne permet... Cette spécificité de la Télévision n'a qu'un moyen d'expression le direct. Je me rappelle la joie que toute l'équipe du Grand Voyage a éprouvée le jour de la dernière émission de l'année 1962. Nous étions réunis en fin d'après-midi dans le studio et nous avons établi la liaison téléphonique directe avec Tokyo, où c'était la nuit. Nous entendîmes la speakerine demander à nos candidats "Quelle heure est&emdash;il à ma montre ?, 1ère question de notre concours. Imaginez la même scène en différé... Il fallait la couper !

Après cinq années de "Grand Voyage", ce fut en 1966 un tour du monde avec l'émission "Caméra Stop".

François MONTEIL et moi lancions deux équipes, munies d'un maigre capital de 500 F, en un tour du monde qu'elles effectuaient en sens inverse. Naturellement, les concurrents devaient assurer leur subsistance au hasard des pays traversés. Ils étaient tenus de nous adresser, régulièrement des films noir et blanc qui passaient sur les petits écrans.

L'on se souvient de l'accueil très favorable de cette "Course autour du Monde" à l'époque du noir et blanc. Jean THEVENOT attendait avec impatience l'apparition de la couleur ; il sera l'un des premiers producteurs programmés sur la "chaîne en couleur" de l'O.R.T.F., avec un film de Madeleine HOURS, Conservateur des Musées Nationaux, spécialement tourné pour ce baptême "Sur les pas de Corot". Jean THEVENOT avait choisi ce peintre pour des raisons à la fois esthétiques et techniques.

Oui, la tonalité des images obtenues et transmises par le procédé français traduit particulièrement bien les valeurs caractéristiques des toiles de Corot... Madame HOURS &emdash; dont j'avais été le coéquipier pendant quatre années pour "Secrets des Chefs d'œuvre" en noir et blanc &emdash; m'a également associé a la production de "Sur les chemins de l'invisible", un essai sur la radiographie des toiles des grands Maîtres qui révèle les modifications, les retouches qu'elles ont subies.

Il travaillait aussi en Suisse et en Belgique. De 1955 à 1969, il anima en Suisse une émission "Les Sentiers du Monde", plusieurs fois en tête des référendums nationaux. C'était une émission qui présentait des cinéastes voyageurs et dont l'originalité consistait en un dialogue avec l'animateur pendant la projection du film. Elle fut ensuite reprise par la Télévision Belge (RTBF) où elle connut le même succès jusqu'à l'été dernier. Au lendemain de la mort de Jean THEVENOT, un journaliste belge écrivait "En 1967, quand la RTB reprit Les Sentiers du Monde, on les appelait tous les explorateurs, des aventuriers, ces invités hebdomadaires, la télévision donnait encore à voir et très peu à penser. Sans des hommes comme Jean THEVENOT, on en serait resté là. En seize ans, ses Sentiers du Monde se sont enrichis d'un regard humaniste sur le monde. De descriptifs, ils sont devenus analytiques les images des premières saisons ont donné la parole aux hommes du monde, à leur foi et leur réalité, leurs misères et leurs espoirs..."

Mais la majorité des téléspectateurs belges se souviendront de Jean THEVENOT comme d'un guide sur cette Terre dont il savait mettre en évidence les ombres et les explorateurs -conscients. Et les sentiers du monde s'ouvraient devant nous

Jean THEVENOT était aussi un grand défenseur de la langue française en tant que membre de la Commission de Sauvegarde de la Langue française.

En effet, il y a de grandes raisons d'avoir très peur pour la langue française parce qu'actuellement elle est minée de l'intérieur et attaquée de l'extérieur. Et de l'intérieur bien souvent au lieu de la défendre, les Français et les Francophones en général appellent l'assaillant.

Il est l'auteur d'un pamphlet dans lequel il écrit qu'il peut contribuer à réveiller les consciences engourdies jusqu'à l'inconscience. Ce livre "Hé ! la France ton français fout le camp !" fut couronné par la Société des Gens de Lettres, en 1976 et par l'Académie Française, en 1977.Avec son ami Robert Arnaut, il avait co-produit de nombreuses émissions télévisées "Parlons français, Francophoniquement vôtres", "Charles Cros ou la vie à côté". Gardien des richesses culturelles de notre pays, il avait réuni une impressionnante quantité de documents (livres, presse, documents sonores...) ; d'ailleurs, la Radio Française avait récemment fait appel à lui pour compléter la documentation nécessaire à l'orqanisation du 20ème anniversaire de la Maison de Radio France célébré à la fin de l'année 1983. Pour son apport au patrimoine français, il venait ~e recevoir en association avec Pierre GUERIN, le grand prix de l'Académie Charles Cros pour "C'était la France", la vie quotidienne au début du siècle par ceux qui l'ont vécue, une série de huit cassettes Radio France (*). Une véritable mémoire sonore et collective de la France. Il était Vice-Président du Comité d'Histoire de la Radio et de la Télévision. Il venait aussi d'achever une monumentale histoire de la Radio et de la Télévision. Un livre, mais avant tout une somme de travail et de documents. Avis aux éditeurs ! Toute une vie, celle de celui qui fut un homme de cœur et d'idéaux, un guide, un père.

Depuis toujours j'ai été très curieux d'esprit et probablement du fait d'une éducation chrétienne, puis d'une orientation sociale, syndicaliste, politique, qui n'était pas inconciliable avec cette éducation chrétienne, j'ai toujours été soucieux de communiquer aux autres mes connaissances.

Le souvenir de Jean THEVENOT restera gravé à jamais dans le magazine international de l'enregistrement d'amateur Chasseur de son, qu'il avait créé, il y a plus de 30 ans, et qui va se poursuivre grâce à Paul ROBERT et Dominique CALACE de FERLUC.

Que Jean me pardonne pour toutes les omissions que j'ai pu commettre, mais il avait eu tant d'activités dans sa vie ! Passionné de beau et d'authentique, il était l'un des plus valeureux porte-fanion du folklore international en France notamment avec sa présence depuis plus de trente ans aux fêtes de la Vigne de Dijon et plus récemment au Festival Mondial du Folklore de Montoire. Il œuvrait pour le rapprochement de tous les peuples. Il était cultivé, courtois, simple et généreux, un de ces hommes de qualité qui font honneur à leur pays (dédicace à Jean THEVENOT d'un disque réalisé par Gérard KREMER).

______________________

  - Article sur les chasseurs de sons

- LE FIGARO du 18 Août 2000

----- Retour à la page historique des chasseurs de sons -----

----- Retour à la page d'accueil des chasseurs de sons -----